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La RTBF s'excuse de l'énoncé de l'émission «C'est vous qui le dites» de Benjamin Maréchal sur le viol

Belga | Publié le Vendredi 12 Janvier 2018 à 21h23

La RTBF regrette que l’énoncé du sujet de l’émission « C’est vous qui le dites », diffusée vendredi matin sur la radio Vivacité, ait heurté la sensibilité de nombreuses personnes, créé des amalgames et une ambiguïté sur la portée éditoriale de l’émission et par là même la position du service public, indique-t-elle vendredi soir dans un communiqué. « La RTBF leur présente ses excuses et veut rappeler que le viol est un crime puni par la loi, c’est un acte de violence intolérable et un véritable drame. »

Vendredi matin, dans l’émission « C’est vous qui le dites » présentée par Benjamin Maréchal, les auditeurs étaient invités à réagir aux propos tenus la veille par l’ex-actrice porno française Brigitte Lahaie. « On peut jouir lors d’un viol », avait-elle déclaré sur BFMTV, avant de s’excuser. « Vous lui répondez quoi ? », a demandé l’animateur de Vivacité à ses auditeurs.

Cet intitulé a provoqué la réaction outrée des ministres des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude Marcourt (PS) et de la ministre des Droits des femmes Isabelle Simonis (PS), annonçant qu’ils interpellaient l’administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot à ce sujet. Le cdH a pour sa part appelé à la démission de Benjamin Maréchal.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a confirmé avoir reçu douze plaintes à la suite de l’émission.

Selon la RTBF, « la volonté de l’émission était de recadrer les propos de Brigitte Lahaie, ce qui a été largement fait en donnant la parole à des victimes de ces crimes qui ont pu exprimer leurs profondes blessures. La position de la RTBF est sur ce sujet sans nuance et sans ambiguïté. (…) Il ne saurait être question de banaliser ces violences contre les femmes. »

La chaîne publique annonce également avoir pris des mesures « pour s’assurer qu’à l’avenir, l’énoncé des sujets de l’émission ne puisse plus donner lieu à des interprétations et malentendus ». « La réflexion en cours depuis septembre dernier sur l’évolution de ’C’est vous qui le dites’ après 10 années d’existence se poursuit en interne, en étroite collaboration avec l’équipe de l’émission et les responsables éditoriaux de l’entreprise », ajoute la RTBF.

Le communiqué de la RTBF

L’émission de libre antenne « C’est vous qui le dites », diffusée ce vendredi 12 janvier entre 9 et 11 heures sur VivaCité, abordait un fait d’actualité commenté par l’ensemble de la presse, à savoir les déclarations de Brigitte Lahaie lors d’un débat télévisé diffusé jeudi soir sur une chaîne française.

Lors de ce débat, qui portait sur la lettre signée par 100 femmes contre « l’hystérie anti-hommes » ayant fait suite à l’affaire Harvey Weinstein, le thème du viol fut abordé et Brigitte Lahaie déclara : « On peut jouir lors d’un viol, je vous signale ». En abordant le sujet, la volonté de « C’est vous qui le dites » était de recadrer ce propos, ce qui fut largement fait en donnant la parole à des victimes de ces crimes qui ont pu exprimer leurs profondes blessures et à la féministe Caroline de Haas, opposée hier à Brigitte Lahaie dans le débat sur BFM TV. Elle a rappelé son point de vue et son désaccord total avec les propos de Brigitte Lahaie.

La RTBF regrette que l’énoncé du sujet ait heurté la sensibilité de nombreuses personnes, créé des amalgames et une ambiguïté sur la portée éditoriale de l’émission et par là même sur la position sans équivoque du service public. La RTBF tient à leur présenter ses excuses, rappelant que le viol est un crime puni par la loi, un acte de violence intolérable et un véritable drame, comme l’ont rappelé l’animateur et les différents intervenants à maintes reprises en cours d’émission.

La position de la RTBF est sur ce sujet sans nuance et sans ambiguïté, comme l’atteste encore l’engagement récent de la rédaction de la RTBF concernant l’information sur les violences contre les femmes et « son traitement de ce problème crucial au sein de notre société. Il ne saurait être question de banaliser ces violences contre les femmes, même si elles sont dramatiquement répétitives. (…) Nous nous engageons (…) pour le respect des victimes à utiliser les mots pour nommer ces meurtres, assassinats ou violences. »

Sensible aux multiples réactions suscitées par le débat de ce vendredi et soucieuse d’éviter de telles situations dans le futur, la RTBF prend dès à présent toutes les mesures utiles pour s’assurer qu’à l’avenir l’énoncé des sujets de l’émission ne puisse plus donner lieu à des interprétations et malentendus.

Enfin, la réflexion en cours depuis septembre dernier sur l’évolution de « C’est vous qui le dites » après 10 années d’existence, se poursuit en interne, en étroite collaboration avec l’équipe de l’émission et les responsables éditoriaux de l’entreprise.