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Crise en Catalogne: Puigdemont remercie la foule de manifestants venus à Bruxelles, ainsi que la police belge

Belga | Publié le Jeudi 7 Décembre 2017 à 16h47

C’est un Carles Puigdemont manifestement satisfait qui s’est exprimé jeudi après-midi à l’issue de la manifestation qui a mobilisé 45.000 Catalans dans les rues de Bruxelles. Le président destitué de la Catalogne a remercié ses compatriotes ainsi que la police bruxelloise qui a encadré l’événement.

Avec 45.000 participants, la manifestation qui s’est déroulée ce jeudi à Bruxelles est «l’une des plus grandes démonstrations depuis des années» dans la capitale belge, s’est félicitée l’Assemblée nationale catalane (ANC).

Carles Puigdemont, large écharpe jaune autour du cou, était manifestement satisfait de l’affluence. Il a remercié la foule en catalan et a également dit «merci» aux services d’ordre bruxellois.

«L’Europe ne doit pas avoir peur de défendre les valeurs démocratiques fondamentales», a-t-il déclaré, combatif. «La Catalogne veut poursuivre sous la forme d’un pays démocratique. Nous continuerons à y oeuvrer pacifiquement ici au coeur de l’Europe

M. Puigdemont a terminé son discours pas un message à l’adresse du Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, qualifié d’ennemi. «Une démonstration de cette ampleur pour défendre des criminels?», a-t-il interpellé, alors que plusieurs ex-leaders catalans sont en prison. «Non. Ces gens ne viennent pas en masse dans les rues pour défendre des criminels. Ce sont des démocrates.»

La manifestation était en cours de dislocation peu après 15h30.

(Photos Belga)

«On ne peut pas incarcérer tout un peuple»

Agusti Alcoberro.

Agusti Alcoberro.

REUTERS

Carles Puidgemont était accompagné de son prédécesseur Artur Mas et de Marta Rovira, tête de liste de la gauche républicaine aux prochaines élections. Pourvue d’un écran géant, la place était déjà noire de monde lorsque le cortège est arrivé.

Les manifestants agitaient des drapeaux de la Catalogne et beaucoup les avaient endossés. Quelques drapeaux de la Flandre étaient également visibles. Avant les premières prises de parole, l’hymne de l’Union européenne a été diffusé.

«La Catalogne est une société ouverte et plurielle, qui a intégré pendant son histoire des gens venus de partout», a souligné le vice-président de l’Assemblée nationale catalane (ANC), Agusti Alcoberro. «La Catalogne a une économie hautement productive et bien positionnée dans l’Europe et le monde. Elle a aussi sa propre langue et sa propre culture.»

L’homme est ensuite revenu sur la velléités d’auto-détermination qui ont mené au référendum et a dénoncé les brutalités policières en marge du scrutin.

Le vice-président de l’association Òmnium Cultural Marcel Mauri lui a alors succédé sur le podium. «Nous défendons la démocratie en Catalogne, mais aussi la démocratie en Espagne et en Europe. Nous défendons les valeurs démocratiques de l’Union européenne. C’est pour cela que nous sommes venus à Bruxelles aujourd’hui, pour défendre nos droits civils les plus fondamentaux. Nous sommes venus dire qu’on ne peut pas emprisonner quelqu’un pour ses idées. On ne peut pas incarcérer tout un peuple. Nous sommes un pays ouvert et dynamique.»

«C’est un discours très courageux», estime Joan, un des manifestants. «Il dit ouvertement et très clairement que ce qui se passe aujourd’hui en Catalogne et en Espagne est contraire aux principes fondamentaux de tout Etat démocratique. On a l’impression que beaucoup en Europe essaient de se détourner de ce problème. (...) Nous sommes des européistes et nous sommes un peu déçus car nous espérions plus de soutien de l’Europe. C’est un peu comme s’il fallait surtout défendre le fait que le pouvoir en place ne soit pas perturbé, qu’il n’y ait pas de changement. Un peuple doit pouvoir décider de son propre futur et nous ne sommes pas entendus en Espagne. C’est une question de démocratie. Nous espérons que l’Europe nous tendra une main.»

La Commission européenne salue «l’atmosphère positive» lors de la manifestation

Frans Timmermans.

Frans Timmermans.

EPA/MAXPPP

Au slogan de «Debout, l’Europe» ("Despierta, Europa"), les quelque 45.000 manifestants ont demandé à l’UE de «respecter» la Catalogne, alors que Madrid a destitué le gouvernement catalan après qu’il eut déclaré l’indépendance de la région espagnole.

«Je suis toujours intéressé si nos citoyens éprouvent le besoin de descendre dans la rue pour exprimer leur opinion», a commenté M. Timmermans, avant de souligner que la protestation n’était toutefois pas «à sens unique». A ce propos, le commissaire a rappelé que des manifestations précédentes avaient rassemblé à Barcelone des partisans du maintien de la Catalogne dans l’Espagne.

«Tout citoyen a le droit de s’organiser pour exprimer une ambition ou un espoir politique de changement. Ce que nous disons à la Commission sur la base de l’État de droit, c’est que si vous n’êtes pas d’accord avec la loi, vous pouvez la contester ou vous organiser pour la changer», a déclaré le vice-président de l’exécutif européen.

«Par contre, il n’est pas permis dans l’État de droit d’ignorer la loi ou d’utiliser une expression démocratique pour l’ignorer», a-t-il ajouté, en faisant référence à l’organisation en octobre dernier du referendum d’autodétermination catalan, contraire à la Constitution espagnole.