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Jephté Vanderhoeven avait été retrouvé mort par sa femme de ménage en 2014

Assises de Bruxelles: l'accusé présente ses «excuses sincères à toute la famille de la victime»!

Belga | Publié le Mercredi 6 Décembre 2017 à 15h38

Zouhair Chakiri a eu la parole en dernier lieu mercredi, devant la cour d’assises de Bruxelles, et a demandé pardon à la famille de la victime. Son conseil, Me Dimitri de Béco, a plaidé une peine qui ne dépasse pas 20 ans de prison. Mardi soir, ce Marocain de 38 ans avait été reconnu coupable d’avoir commis un vol en 2014 au préjudice de Jephté Vanderhoeven, un Ucclois de 56 ans, avec la circonstance aggravante qu’il a volontairement tué cet homme pour faciliter le vol.

« Je présente mes excuses sincères à toute la famille de la victime. Je demande pardon. J’ai beaucoup de regrets », a déclaré Zouhair Chakiri, mercredi après-midi, avant que les jurés et les juges de la cour n’entrent en délibération sur la peine.

Peu avant, son avocat, Me Dimitri de Béco, a plaidé une peine en-deça de 20 ans de prison, tandis que l’avocat général avait requis un peu plus tôt la réclusion à perpétuité.

« Au-delà de 20 ans, c’est inutilement lourd », a soutenu Me de Béco. « Il y a des circonstances atténuantes à retenir dans le chef de mon client. Il n’a pas d’antécédents judiciaires et il a formulé des regrets que je pense, moi, sincères. Il ne fait pas partie, comme l’avance l’avocat général, des irrécupérables, des monstres de notre société », a déclaré le pénaliste.

« Même s’il a une personnalité parfois troublante, et qu’il a fait des interventions, je dirais malheureuses, il faut reconnaître qu’il a des capacités à s’intégrer. Il a appris le français, il a bossé, même si ça ne s’est pas toujours bien passé », a-t-il évoqué.

Mardi soir, le jury de la cour d’assises de Bruxelles a reconnu Zouhair Chakiri coupable des chefs d’accusation pour lesquels il avait été renvoyé devant la cour, à savoir un vol avec la circonstance aggravante qu’un meurtre a été commis pour en assurer l’impunité ou assurer la fuite.

Les jurés ont estimé que la culpabilité de l’accusé, tant pour le vol que pour le meurtre, était établie au-delà de tout doute raisonnable.

Ils ont retenu que le Marocain avait avoué la matérialité des faits, que des empreintes de ce dernier avaient été retrouvées dans la chambre à coucher de la victime, mais également que des traces ADN de celui-ci avaient été décelées sur le tape qui a servi à attacher la victime.

Le 3 février 2014, vers 12h30, la police de la zone Uccle/Watermael-Boitsfort/Auderghem était intervenue au domicile de Jephté Vanderhoeven, avenue de Messidor à Uccle. Sa femme de ménage venait de le découvrir inanimé dans son lit, dont les draps étaient maculés de sang, les bras liés dans le dos et la bouche bâillonnée.

Zouhair Chakiri était en aveu d’avoir porté au moins deux à trois coups de couteau à Jephté Vanderhoeven et d’avoir ainsi causé sa mort. Il avait expliqué que la nuit du 1er au 2 février 2014 ce dernier l’avait invité dans son appartement, alors qu’il se rendait chez une amie habitant le même immeuble. Ils avaient consommé beaucoup d’alcool et de la cocaïne avant qu’une dispute n’éclate entre eux, a-t-il raconté.

La soeur de la victime avait précisé qu’il arrivait régulièrement à Jephté Vanderhoeven d’accueillir chez lui des hommes avec qui il entretenait des rapports sexuels sans lendemain.